Démarche & Savoir-faire

Du dessin au fil

La broderie est pour moi un langage graphique et matériel. Je pars du dessin, puis je le reconstruis pour le fil : chaque direction, chaque densité et chaque superposition modifie la lumière, le volume et la perception de l'image.

La maîtrise de la machine n'efface pas la main de l'artiste : elle déplace le geste vers la conception, la programmation, le choix des matières, les réglages et la direction de l'exécution.

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Le dessin

Le dessin est ma première langue. Avant le fil, il y a la ligne, la composition, les valeurs, le regard. Je conçois mes images avec l'idée qu'elles devront ensuite quitter le papier ou l'écran pour devenir matière.

Le dessin
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L'architecture du point

Le passage à la broderie n'est pas une conversion automatique. Je reconstruis le dessin dans un logiciel professionnel de broderie. J'y définis les zones, les directions de points, les densités, les superpositions et l'ordre de réalisation. C'est une véritable interprétation : la structure du fil devient partie intégrante du dessin.

L'architecture du point
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Matière & lumière

Je travaille la viscose pour sa lumière, le coton pour sa matité, les fils métalliques pour leurs éclats, et j'intègre lorsque l'œuvre le demande des matières comme le liège ou des textiles texturés. L'orientation d'un même fil peut suffire à faire apparaître une ombre ou une lumière : la surface brodée change selon le point de vue.

Matière & lumière
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La machine comme outil

La réalisation se fait sur machine à broder professionnelle. Tension, vitesse, stabilisation, comportement du support et du fil sont ajustés en permanence. Après plus de quinze années de pratique, cette maîtrise me permet de pousser l'outil au-delà de sa fonction industrielle et de l'utiliser au service d'une écriture personnelle.

La machine comme outil

« Je ne numérise pas, je traduis. »

Matières & lumière

Je choisis le fil comme un peintre choisit un pigment — non seulement pour sa couleur, mais pour sa lumière, sa texture et sa présence.

Fils métalliques japonais, viscose lumineuse, coton mat, fils fins ou épais : chaque matière possède une manière particulière de réfléchir ou d'absorber la lumière. Je peux associer plusieurs qualités dans une même œuvre afin de créer des contrastes subtils entre peau, métal, végétal, textile ou ombre.

L'orientation des points agit elle aussi sur la perception. Un fil identique, brodé dans une autre direction, peut paraître plus clair ou plus sombre. C'est cette architecture de surface qui permet de modeler les volumes et de donner à l'œuvre une présence changeante selon l'éclairage.

Je travaille également sur velours, organza, tulle, mousseline et autres supports exigeants. Leur fragilité ou leur comportement ne sont pas des obstacles à contourner : ils deviennent des paramètres de création.